CONSERVER

       RESTAURER

Trois facettes du métier de conservateur-restaurateur sont à dissocier : conservation préventive, conservation curative, restauration. Chacune répond à une méthodologie bien précise et est précédée d'une phase d'observation et d'étude qui permet de définir au mieux les traitements ou modifications à réaliser.

 

 

CONSERVATION PRÉVENTIVE

 

La conservation-préventive vise à réduire au maximum les facteurs d'altérations ou risques qui, à plus ou moins long terme, compromettent l'intégrité matérielle de l'œuvre traitée. Elle n'intervient donc pas uniquement sur l'objet mais aussi sur son environnement. Une étude du lieu où est exposée l'œuvre est à effectuer afin d'identifier les causes extérieures d'altération et, si possible, les éradiquer (par exemple : la température, l'humidité relative, l'exposition aux UV sont potentiellement nuisibles).

 

La conservation préventive est une étape indispensable au processus de restauration. Une intervention sur l'œuvre sans modifier son environnement hostile ne pourrait être totalement efficace. Parfois, pour la survie d'une œuvre, seul le changement de lieu peut être préconisé..

 

L'entretien régulier de l'œuvre fait aussi partie de la conservation préventive car il empêche le retour des altérations passées (par exemple, le passage chaque année d'un traitement biocide doublé d'un rinçage et d'un brossage sur une sculpture en pierre conservée en extérieur évite le retour des algues, mousses et lichens). Un simple dépoussiérage fréquent peut aussi éviter le retour de nombreuses altérations.

 

Le saviez-vous ?  Des sculptures conservées en extérieur sont fréquemment rentrées dans un espace d'exposition intérieur car elles ne pourraient résister davantage aux intempéries. Parfois, un fac-similé de moindre valeur les remplace pour que l'espace extérieur conserve sa sculpture sans détérioration de l'original.

 

 

CONSERVATION CURATIVE

 

Complémentaire de la conservention préventive, la conservation curative intervient directement sur l'objet afin de stopper les altérations qui lui sont intrinsèques (par exemple, l'incompatibilité des matériaux de mise en œuvre, l'évolution des fissures, l'infestation par des insectes, les chutes d'écailles ou de fragments ou encore la corrosion de certains éléments). Une observation rigoureuse de l'objet et une étude des causes d'altération est donc à effectuer en premier lieu pour définir le traitement le plus adapté.

 

La conservation curative est également une étape indispensable au processus de restauration sans laquelle la survie de l'œuvre ne serait pas assurée.

 

Le saviez-vous ?  L'anoxie permet de supprimer des bois infestés les larves et les insectes xylophages (vrillette, lyctus, etc.) en les asphyxiant. L'anoxie peut être dynamique (sous bulle hermétique avec remplacement de l'air par un balayage d'azote gazeux (durée du traitement : trois semaines)) ou statique (sous bulle hermétique avec absorbeurs d'oxygène).

 

 

RESTAURATION

 

Si la conservation est indispensable à la survie de l'objet, la restauration est davantage d'ordre esthétique et participe à sa mise en valeur. Elle permet d'améliorer la lisibilité des formes et la compréhension des volumes sculptées. Elle consiste, par exemple, à restituer une partie manquante si ce manque est jugé gênant (nez sur un visage, doigt sur une main, etc.) ou encore à nettoyer une surface très encrassée pour distinguer à nouveau certains détails sculptés. Les niveaux d'intervention (pousse-t-on loin le nettoyage ? garde-t-on une patine ? faut-il restituer tous les manques ? etc.) sont toujours décidés avec le responsable de l'œuvre qui doit donner son accord avant toute intervention.

 

Le saviez-vous ?  Certaines sculptures ont reçu depuis leur création plusieurs couches de peinture (peintures d'entretiens, voiles de pudeur, changement des modes, etc.). Le nombre de repeints atteint parfois plusieurs dizaines. Quelquefois, le responsable souhaite retrouver un état passé de l'œuvre en retirant certaines couches inesthétiques, très dégradées ou qui posent des problèmes de conservation. Cette opération s'appelle le "dégagement de polychromie".